Vendredi 18 août 2006 5 18 /08 /Août /2006 10:17
Un petit billet pour faire bouger le blog (Géraldine, l'assistante robotique d'over-blog me harcèle depuis quelques semaines en me disant que je n'ai pas "bloggé" depuis très longtemps)...
Avant de repartir pour Prague, en République tchèque où j'ai passé ce qui restera pour moi comme l'année et demie la plus folle que j'ai pu vivre jusque-là, je fais donc un petit point sur ce qui m'a marqué durant cet été passé, de retour en France.

Vous avez pu constater mon intérêt inextinguible pour le sport à travers mes divers billets précédents. Je retiendrai donc de cet été sportif le penalty de Trézéguet sur la barre, symbole parfait du Mondial d'un joueur sacrifié au nom du Grand Thierry Henry (qui a fait un concours de hors-jeu avec Djibril Cissé, sans s'apercevoir assez vite que de toute façon D.C n'était pas là et qu'il l'avait de toute façon gagné...), et me faisant penser que j'aurais dû rester en Chine encore trois-quatre jours car de là-bas je n'ai vu que des victoires françaises... Cannavaro soulevant la Coupe (me soulevant alors le coeur lorsque l'on sait que ce joueur fut un des éléments de la Moggi Team à la Juventus et donc un élément du scandale du foot italien...), le 1500 m victorieux de Mehdi Baala (Enfin, il s'est décidé à courir en se persuadant qu'il était plus rapide que les autres...), l'échappée victorieuse de Landis dans le Tour (qui m'a retenu devant ma télé et dont les explications tarabiscotées ne me semblent pas convaincantes...). pour finir j'allais ajouter le beau parcours à venir des basketteurs de l'Equipe de France lors du Championnat du Monde qui commence Samedi mais ce matin, BABOUM !! Tony Parker est forfait pour cause de fracture d'un doigt (qui plus est main droite, sa main de shoot...). Alors Prions le Dieu Boris Diaw de nous emmener loin....

Je retiendrai aussi l'offensive israelienne au Liban, highlight international de cet été 2006. Le partisanisme ne devrait pas empêcher la réflexion et mettre des oeillères aux gens. La méthode israélienne n'est sûrement pas la meilleure mais leurs arguments ne peuvent être mis de côté...

Coté musique, quelques révélations estivales pour moi tels les Silver Jews (Merci Gene) et leur album Tanglewood Numbers. A noter aussi Gnarls Barkley, qui tourne à plein régime dans mon Ipod depuis quelques mois mais que je n'avais pas eu le temps de citer, et leur album St Elsewhere (rempli de chansons aussi entrainantes que la bombinette funky "Crazy").
Enfin, et ça c'est une dédicace à Jérôme, un groupe de rap coréen 45 RPM (dont la photo des membres ici ne les met pas particulièrement en valeur...) et leur album Old Rookie... un p'tit coup de google et vous pourrez trouver plein d'infos sur ce groupe détonant (et même des karaokés)... Ri gi dong dong ri gi ri gi dong !! (c'est un refrain assez entêtant, vous pourrez le constater...)
Je n'oublierai pas ma collaboration au blog de Jérôme, avec cette critique de film écrite sur un clavier coréen à la vitesse digne d'un adjudant de police bolbécais...

Voilà donc ce qui m'aura marqué lors de cet été, dont il reste deux semaines à savourer.
Je reviendrai en Septembre pour vous narrer alors mes pérégrinations tchèques, qui n'auront sans doute rien à envier à celles du brave soldat Chveik, roman de Jaroslav Hasek, symbole de l'esprit tchèque (c'était LA note culturelle de ce billet ;)) )
Par Benjing - Publié dans : Divers en été
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Jeudi 8 juin 2006 4 08 /06 /Juin /2006 06:32
Un petit billet vite fait pour rappeler qu'en dehors de l'effervescence entourant l'ouverture de la Coupe du Monde allemande demain, pour laquelle je pencherais pour une victoire argentine face aux Pays-Bas (qui vient d'être sacré Champion d'Europe Espoirs) le 9 Juillet à Berlin, au même moment s'ouvrira aux Etats-Unis le grand moment des fans de NBA (et j'en suis !): la Finale NBA !

Petit rappel, la NBA est "séparée" en deux grandes conférences  Ouest et Est, selon la position géographique des villes accueillant ces équipes.
Au départ de la saison 30 équipes, jouant 82 matches dans la saison qu'on appelle "régulière" avant de s'engager dans les "playoffs", pour les 8 meilleures équipes de chaque conférence. On classe les équipes avec un système de tête de série (au nombres de victoires sur la saison régulière), de 1 à 8 pour chaque conférence, pour que le meilleur de chaque conférence rencontre au premier tour le 8ème de sa conférence, le 2ème rencontre le 7ème, et ainsi de suite...
Les rencontres entre ces derniers prétendants au titre (16 équipes sur 30) se déroulent au meilleur des 7 matches (le premier arrivé à 4 victoires est qualifié pour le tour suivant, pour simplifier). Ainsi par exemple cette année, à l'Ouest, les Phoenix Suns ont éliminé les Lakers de Kobe Bryant au premier tour en 7 matches alors que les Dallas Mavericks s'en contentaient de 4 pour envoyer les Memphis Grizzlies en vacances.
Suivant un système équivalent à un tableau de tennis où les prochains opposants (éventuels) sont connus dès le départ, les équipes s'éliminent et, à ce petit jeu, cette année, les Dallas Mavericks sont sortis vainqueurs de la Conférence Ouest (éliminant dans cette finale de l'Ouest les Suns de Phoenix de l'extraordinaire Boris Diaw dont vous pouvez lire un portrait en anglais ici) et, à l'Est, ce sont les Miami Heat (du gentil géant Shaquille O'Neal) qui ont éliminé les champions NBA 2004 et vice-champions 2005, les Detroit Pistons.
Bref, les têtes tombent, les joies et les frustations (comme celles des Spurs de San Antonio de Tony Parker, éliminés par Dallas au deuxième tour lors d'un match 7(le dernier donc!) d'anthologie, puisqu'avec prolongation !) s'accumulent et les fans se pourlèchent les babines du niveau de jeu atteint. En effet, cette année, ces playoffs NBA ont été carrément exceptionnels en terme de niveau de jeu et de compétitivité, en battant le record du nombres de matches avec prolongation et du nombre de matches 7 pour déterminer le vainqueur d'une série !

Après cette mise en bouche, un petite présentation de cette finale Mavericks-Heat !

Du côté des Mavericks, un joueur exceptionnel, Dirk Nowitzki, allemand de 2m13 capable de manier la balle avec l'agilité d'un homme de 1m80, au shoot à la trajectoire arc-en-ciel mais qui finit toujours par retomber dans le panier (c'est assez heureux au basket...), capable de jouer dos au panier en position de pivot mais aussi de shooter à 3 points (il a d'ailleurs remporté le concours de shoot à 3 points au All Star Game 2006, face aux meilleurs artilleurs NBA). Le phénomène Nowitzki joue sur un nuage, dans la continuité de son titre de meilleur joueur à l'Euro 2005 où il a emmené l'Allemagne sur la 2ème place du podium à lui tout seul (enfin, c'est bien sûr ici une figure de style...). Il a même explosé son record de points lors de ces playoffs avec 50 unités lors d'un match contre Phoenix. En clair, Nowitzki est actuellement l'un des 3 meilleurs joueurs offensifs du monde, avec Lebron James et Kobe Bryant !
Ses coéquipiers ne sont pas en reste, avec notamment des joueurs dangereux comme Jason Terry ou bien Jerry Stackhouse. L'un des éléments clés de cette finale sera Josh Howard, avec qui les Mavericks n'ont jamais perdu cette saison lorsque ce dernier a marqué plus de 20 points (25 matches à 20 pts ou plus = 25 victoires !).
Enfin, le coach Avery Johnson qui, pour sa première (!!) saison de coach NBA après une brillante carrière de joueur, emmène les Mavericks là où ils n'étaient jamais allés: en finale NBA.
C'est d'ailleurs la première fois depuis 1971 que la finale verra s'opposer deux équipes n'ayant jamais atteint ce stade de la compétition avant.

De l'autre côté, les Miami Heat emmenés par leur duo explosif, Shaquille O'Neal (peut-être statistiquement le meileur pivot de l'histoire de la NBA, un monstre physique avec ses 2m16 et 150 kgs (quand il est en forme !!) et qui a déja gagné 3 titres avec les Los Angeles Lakers, mais aussi perdu 2 finales avec ces mêmes Lakers et les Magic d'Orlando) et Dwyane Wade (une sorte de clône de Michael Jordan, un physique explosif, des pénétrations dévastatrices, une capacité à marquer les paniers même lorsque l'on commet une faute sur lui et une adresse assez prodigieuse pour son âge dans un sport où, souvent, celle-ci vient avec les années, l'expérience et l'entrainement. Pour ne rien gâcher, les femmes ne seront pas insensibles à sa plastique, dont les hommes pourront être jaloux).
A leurs côtés, une équipe de revanchards, n'ayant jamais rien gagné malgré des carrières irréprochables et d'un niveau exceptionnel, tels Gary Payton ou bien encore Alonzo Mourning. L'une des clés pour eux sera le jeu d'Antoine Walker, ailier de 2m06 mais qui shoote souvent à 3 points en oubliant d'utiliser à son physique face à des adversaires souvent plus faibles. Si Walker met ses shoots, Miami deviendra, je pense, inarrêtable car la défense de Dallas devra alors s'adapter et "sortir" sur lui et donc oublier un peu les deux stars O'Neal et Wade. Le problème de Miami est que Walker a souvent tendance à continuer à shooter même lorsqu'il n'est pas en réussite.... ce qui permet souvent à l'équipe adverse de se concentrer sur d'autres joueurs et de revenir au score ou de creuser l'écart, bref de gagner...Il a, de plus, passé une saison assez frustrante chez les mavericks il y deux ans et voudrait bien leur faire payer ses malheurs d'antan...
Pour finir, cette équipe est coaché par la légende Pat Riley, pub ambulante pour la gomina, qui a déjà quatre bagues de champion (aux Etats-unis les joueurs d'une équipe championne reçoivent une bague avec tout pleins de diamants dessus comme symbole de leur saison victorieuse), glanées avec les Los Angeles Lakers dans les années 80 et il se verrait bien en enfiler une cinquième...

Pour ce qui est d'un pronostic Elizabeth Tessierien, je verrais bien les Mavericks l'emporter en 6 matches, au nom d'une plus grande homogénéïté de l'effectif sous la coupe du "Petit Général" (le surnom d'Avery Johnson) et j'en serais ravi pour Nowitzki, bien qu'il ait éliminé tour à tour les deux français lors de ces playoffs, mais c'est un si formidable joueur que je ne pourrais lui en vouloir, surtout si son pays nous porte chance et nous permet de remporter la Coupe du monde chez eux. C'est d'accord, Dirk ?
Par Benjing - Publié dans : La Coupe du Monde approche, soyons sports
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Lundi 29 mai 2006 1 29 /05 /Mai /2006 14:24


Après plus d'un mois de non-mise à jour, due à diverses occupations, feignantises et autres préparations mentales à l'événement planétaire qui se profile dans dix jours maintenant, l'heure est venue d'écrire à propos d'un groupe que j'ai eu le plaisir de voir en concert à Pékin le 19 Juin: Wangtone

Wangtone est la combinaison de deux entités: Wang Lei, d'un côté, et High Tone, de l'autre. Les plus savants auront donc pu trouver l'origine de leur nom...

Wang Lei est un petit homme chinois au cheveux longs, avec une tête bien sympathique et dont la principale qualité est de vous envoûter le corps et l'esprit de ses créations électroniques et ainsi d'amener, même les plus réticents d'entre vous, à bouger une jambe puis l'autre, un bras puis l'autre et c'est ainsi que vous dansez sur de la musique électronique... C'est un musicien plutôt connu de la scène musicale alternative chinoise mais aussi de la communauté expatriée française en Chine puisque ses disques sont disponibles à la médiathèque et que l'on se souvient avec émotions de son passage aux "Trans en Chine" en Juin 2005. Son producteur est par ailleurs français, ceci expliquant sûrement cela. Cette petite biographie vous en apprendra un peu plus sur lui

High Tone sont, eux, une formation dub . On y retrouve une guitare, une basse, un clavier, des platines, etc.. bref un groupe paré pour donner le meilleur de lui-même en live ! Cette interview permet d'appréhender un peu mieux l'univers de ce groupe dont, pour être honnête, la discographie ne m'est pas familière pour l'instant...Mais j'y remédie !

Le rencontre entre ces artistes avait déjà eu lieu aux Eurockéennes de Belfort en 2004 (Live que l'on peut d'ailleurs retrouver en DVD sur le double album Wangtone: Wang Lei meets High Tone), apparition dont l'une de mes collègues avait déjà été témoin... Elle pourra sûrement se targuer d'être la seule personne dans l'univers à avoir vu 100% des prestations live de Wangtone, une ligne de poids dans son CV...

Après un repas arrosé de musiques arabisantes et espagnoles (?!?) puisque ouïgoures (de la province du Xinjiang), la marche ne fut pas très longue pour arriver au Yugongyishan (le nom en jette plus en caractères chinois...), petit bar de Pékin élu meilleur endroit pour écouter de la musique live en 2005 par le magazine de référence pour étrangers, That's Beijing, et il est vrai que son ambiance, son personnel et surtout sa programmation font passer d'agréables moments musicaux.

Fidèle à la tradition, le concert étant annoncé à 9 heures, il ne commença pas avant 22h30, mais nous pûmes nous enivrer quelque peu au côté des musiciens qui alternait entre sofa et billard, attendant que la salle se remplisse et que l'ambiance décolle...
La configuration était différente des Eurockéennes puisqu'ici Wang Lei se retrouvait au centre de la scène, entouré des High Tones, et la musique commença à balancer la vibe, accompagnée d'illustrations cinématiques expérimentales derrière les musiciens...

Un set d'environ une heure, agrémenté de performances vocales féminines et masculines (une sorte de raggamuffin, bien entêtant) ont fait découvrir un groupe surprenant par son mélange des genres, mais aussi assez uniforme par sa même conception d'un mix dub, hip-hop qui met le feu au dance-floor...

Vous pourrez trouver l'album de Wangtone, et son logo que je trouve superbe (combinaison du nom de Wang Lei en caractères avec un soleil), sur amazon


Par Benjing - Publié dans : Musique et critiques
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Vendredi 21 avril 2006 5 21 /04 /Avr /2006 12:11

D'un livre emprunté sur la foi d'une jolie couverture et de la curiosité d'un semi-autochtone pour une ville présentée comme le point de départ de la mondialisation des biens (eh oui, tous les jouets de Noël, qui les fabrique ? Les ouvriers de Shenzhen, bien sûr !), Shenzhen est devenu le livre que j'ai le plus lu depuis mon arrivée sur les terres chinoises.  Bien sûr, ce livre est une BD, ce qui rend sa lecture beaucoup plus rapide qu'un roman mais, tout de même, mon intérêt et mon amusement ne faiblissent pas face à la lecture et relecture de cet ouvrage !

Shenzhen raconte l'histoire (vraie) de son auteur, ce qu'on pourrait donc qualifier de biographie, lors de son séjour professionnel dans le Sud de la Chine, il y a de cela quelques années maintenant puisque l'ouvrage est paru en 2000.

A travers ses 3 mois en Chine, Guy Delisle (dessinateur canadien habitant en France depuis 1991, d'après cette mini-biographie, bien que son lieu de résidence n'ait pas une importance folle, il est vrai...) nous fait voyager à l'intérieur de cette ville assez typique des villes chinoises: grise, impersonnelle et anonyme (Il y a évidemment quelques exceptions à cette définition des villes chinoises et, de plus, je ne les ai pas toutes visitées...Les villes n'étant de toute façon pas les endroits les plus attrayants en Chine!). La BD, avec son ton gris dû au dessin au crayon ( fusain? mes limites techniques ne me permettent pas de vous révéler ceci), reflète bien cette réalité morose.
Shenzhen est la ville-frontière avec les territoires de Hong-Kong et n'est, en fait, qu'une étape (au mieux) ou un passage (plus fréquemment) vers Hong-Kong. C'est aussi, comme dit précédemment, la ville-usine du monde (dû, entre autres, à une politique d'exemption de taxes qui favorise l'implantation des entreprises à moindre coût). D'ailleurs,  le séjour de Delisle doit lui permettre de superviser la finition d'une série TV d'animation dont la production y a été délocalisée pour cause d'économie sur les prix.
A travers des situations de la vie de tous les jours et de ses relations avec ses collègues chinois, Delisle nous invite au coeur du monde chinois de la fin des années 90 et, plus qu'un portrait de Shenzhen, nous dresse une radiographie de la vie en Chine.

C'est ici qu'une dichotomie entre les lecteurs (ainsi que leurs réactions) peut intervenir (sans jugement de valeurs de ma part, bien sûr): les gens vivant ou ayant vécu en Chine (même pour un rare moment) et les autres (Evidemment, le même principe pourrait être appliqué à un asiatique venant à Paris et le racontant au moyen d'une bande-dessinée, il y aurait alors les asiatiques connaissant ce Paris et les autres) puisqu'il est question ici, et avant tout, de choc de cultures.

Le sentiment que j'ai éprouvé à la première lecture est celui des retrouvailles avec mes premiers étonnements, énervements, émerveillements qui sont depuis rentrés dans mon quotidien au point que je n'y fais plus attention depuis longtemps (sur quelques aspects d'ailleurs, heureusement...) et je pense que tout lecteur connaissant la Chine retrouvera alors des petits-riens qui lui rappelleront tout (comme la commande dans un restaurant, la traversée d'une route, etc...).
A ce titre, je trouve cette BD si proche de ma réalité chinoise que j'en conseillerai la lecture aux personnes désireuses d'en connaître un peu plus sur la Chine. .

L'auteur fait preuve tout au long de l'album de causticité et se pose des questions que beaucoup d'étrangers ont du se poser avant lui (réflexion sur la liberté par exemple bien que son autre BD parue dans la collection "Ciboulette" chez l'Association, Pyongyang, et racontant son séjour dans la capitale nord-coréenne, soit plus axée sur cette question) et ne sort de sa "dépression" que lorsqu'il se retrouve à Canton (ville que j'ai moi aussi particulièrement appréciée) ou Hong-Kong (idem mais, pour moi, Hong Kong n'est pas la Chine, c'est "New York sous les tropiques" comme il le dit)

La lecture de cette BD se révèle donc hilarante, mais toujours empreinte de ce questionnement vis-à-vis d'un monde si différent du nôtre (je parle du monde occidental, bien sûr). Les dessins, bien que moins "finis" que ceux de Pyongyang, sont très agréables à explorer (bien que le sens des caractères dans les bulles en chinois me semble parfois n'importe quoi, mais j'attendrai d'en avoir la confirmation par quelqu'un qui lit le chinois mieux que moi, ce qui ne sera pas très dur...l'important étant néanmoins que l'auteur arrive bien à faire passer des sentiments à travers eux). Delisle intègre à son histoire de jolies planches au dessin unique (souvent des bâtiments en construction, activité favorite de la Chine des années 90) et incorpore aussi quelques cases dans un style de dessin totalement différent du sien, ce qui en fait encore plus ressortir la beauté (ainsi les estampes qu'il trouve à Hong-Kong sont-elles superbement reproduites).

Je n'attends plus maintenant que mon retour en Europe et quelques années (voire mois) pour me replonger dans ce qui fut mon quotidien (bon, j'exagère un peu puisque j'ai habité Pékin...) pendant trois ans... Proust avait sa madeleine, j'aurai mon Shenzhen

Shenzhen, ainsi que Pyongyang, sont disponibles sur le site de la Fnac (apparemment Amazon est en rupture de stock...), où on l'on peut d'ailleurs avoir un aperçu de cinq pages du dernier nommé.
Par Benjing - Publié dans : Mon monde des livres
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Mercredi 19 avril 2006 3 19 /04 /Avr /2006 09:05
Sur les conseils de Cathy, je me suis lancé dans la lecture de ce petit ouvrage (108 pages, écrit gros...), au titre surprenant, Le Maître a de plus en plus d'humour, édité au Seuil. En fait, sans rien révéler de l'intrigue, ce titre est la dernière phrase du roman !

Ce roman, écrit par Mo Yan (connu pour ses romans engagés et provocateurs comme le montre cette interview du magazine "Lire"), prend comme point de départ le peu de cas qui est fait actuellement des "anciens", au point de vue économique, ainsi que la forte et réelle relation inter-générationnelle en Chine, où le respect des générations précédentes est une valeur séculaire. Il se poursuit, toujours avec le même regard décalé et perçant, en décrivant au lecteur les différentes options qui se présentent alors aux ouvriers pour continuer leurs vies quoiqu'il en soit.

Le héros, Lao Ding, se retrouve licencié de son poste car l'usine où il travaille fait faillite, à un mois de l'âge de la retraite fixé par l'état. N'ayant eu aucun enfant, un certain désespoir naît de sa situation et du désespoir naissent toujours les solutions les plus folles ou les plus farfelues. Aller plus avant dans l'intrigue serait enlever ce qui fait l'un des intérêts du roman, à savoir découvrir ce que le vieux Lao va faire et jusqu'où il ira pour nourrir sa femme et gagner quelques yuans (la monnaie chinoise).

Mon premier sentiment en refermant le petit livre rouge (celui de Mo Yan, pas l'autre...) fut l'impression de réel qui ressort de cette histoire. Pékin est décrit tel que je le vois depuis trois ans et je me suis imaginé suivant les personnages tout au long de leurs périgrinations dans les rues et les parcs de la capitale.
J'ai également trouvé les relations sociales entre ouvriers, patrons, policiers d'une plausibilité remarquable, quand on connaît un peu le système chinois. On sent, de plus, une réelle tendresse de l'auteur pour les gens du peuple qui essaient tant bien que mal de survivre dans la nouvelle société chinoise, qui paraît quelquefois avancer plus vite qu'ils ne le font.

A côté de cette description, l'audace de l'auteur quant à la solution trouvée par Lao Ding et son apprenti, Xiaohu, vous met le sourire aux lèvres et vous fait découvrir un autre versant de la société chinoise, dont tout le monde connaît l'existence mais dont on ne parle pas (mais là encore, je m'interdis d'en révéler le contenu...).

Le fameux humour du titre est, quant à lui, présent du début à la fin du livre, permettant d'atténuer le caractère triste des situations les plus tragiques ou rendant carrément hilarantes certaines scènes déjà comiques.

Finalement, la dernière phrase clôt le roman sur une note mystérieuse et douce-amère, à l'image de ce roman court mais extrêmement plaisant.

Un petit mot sur la traduction du livre qui a été faite par un professeur d'université et ses élèves de Maîtrise de chinois. J'ai trouvé leurs notes de bas de page concises, intéressantes et utiles pour une meilleure compréhension de l'ouvrage.

On peut trouver ce roman sur amazon.fr ici, à un prix fort raisonnable !
Par Benjing - Publié dans : Mon monde des livres
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